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  • : "Je puis vivre seule, si le respect de moi-même et les circonstances m'y obligent ; je ne veux pas vendre mon âme pour acheter le bonheur. J'ai en moi un trésor, infus avec la vie, qui sera ma raison d'exister, si tous les plaisirs de ce monde doivent m'être refusés, ou s'il me faut les obtenir à un prix que je ne puis donner." (Jane Eyre)
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Now and then...

 Citation du moment

« Je conçois de pouvoir regretter ce que j'ai été, sans vouloir pour autant l'effacer. Mais rire, se moquer de ces égarements, se moquer de celle que j'ai été ! Non, cela je le refuse : c'est se trahir soi-même. »


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Eva - The Complete Compilation


Dernier coup de coeur 

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Obsessions of the moment : Examens. (je ne vous conseille même pas de me chercher en ce moment, ma patience devient très limitée et je vais vite envoyer balader les gens, je le sens fortement.)

 

Writing 

Vivre - L'émeraude et l'argent (chapitre 16, en cours) 

Eva's biography (terminé)

Traces des visiteurs

Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 11:25

http://www.notrecinema.com/images/cache/angélique,-marquise-des-anges-affiche_18477_1603.jpg

Bien. Voilà un marathon qui s'achève, celui de la saga Angélique, Marquise des Anges. Dans la lignée : "on me contamine à des films et livres", celui-ci est le dernier en date.

Comme tout le monde, j'avais déjà entendu parler de cette série, j'en gardais personnellement le souvenir d'une affiche mièvre à l'eau de rose et d'un résumé historique. Je me souviens que ça m'intriguait un peu, le contraste Histoire-mièvrie, d'ailleurs. Mais bref, ce serait quelque chose que je n'aurais jamais eu l'idée de regarder sans la contamination de deux personnes que je remercie fort. ^^

 

Tout d'abord, quelques petits éléments, parce que comme d'habitude j'adore faire quelques recherches autour des choses que je regarde quand elles sont passionnantes. J'ai donc appris qu'Angélique est une saga d'une douzaine de romans écrits par Anne et Serge Golon à partir des années 50, la première s'occupant de l'écriture et le second du contexte historique. Aujourd'hui, son mari décédé, Anne Golon entreprend de réécrire la série suite aux mauvaises conditions que lui donnaient ses éditeurs à l'époque, avant de terminer la série par un roman inédit, Angélique et le royaume de France. Dans les années 60 naît donc la série télévisée, qui, mettant davantage l'accent sur l'aspect fleur bleue des romans, perd probablement de sa complexité et de son côté justement pas si romantique, de manière considérable.

D'autre part, c'est étrangement, pour quelque chose que je pensais mièvre, une série de collection. Si les films sont facilement trouvables, il n'en va pas de même pour les musiques des films (un cd sur cinq, et encore, à condition de tomber sur la bonne version), et les livres. Si vous jetez un coup d'oeil sur Priceminister ou Ebay, plus l'édition est vieille (Colbert ou Trévise), plus ça vaut cher....pas loin de 200 euros pour le dernier tome assez rare, La Victoire d'Angélique, ou entre une cinquantaine et centaine d'euros pour la série toute entière. Là, je ne peux dire que merci à une fille de ma classe de m'avoir donné deux tomes qu'elle avait en double, dont La Route de l'Espoir, et au hasard qui a fait qu'à la bibliothèque de Laxou, ils m'aient vendu pour à peine trois euros 11 tomes sur 13. (Vous avez perdu cent euros, mesdames et messieurs.) Ne me manquera que le tout dernier, mais je ne me fais guère d'illusions...Du côté des affiches, elles ne sont pas à moins de 45 euros et même plus dans une moyenne de 200.

 

Bref, voilà pour la petite histoire. En ce qui concerne les films, j'ai donc enfin fini la série hier soir, me permettant de livrer un avis tout frais. L'adaptation reprend plus ou moins fidèlement les quatre premiers tomes de la série, quoique n'ayant pas encore lu autre chose que dix pages pour en juger, je ne puisse réellement le dire, mais des connaisseurs m'ont parlé des différences, alors je leur fais confiance. L'autre argument qui m'a peut-être poussée à voir ces films, c'est la présence de Robert Hossein, que je connaissais déjà pour sa version des Misérables et son adaptation théâtrale de Notre-Dame. Et puis, c'est un nom sacré, monsieur Hossein, me semble-t-il, alors je me disais bien "S'il est là-dedans, c'est que ce n'est pas que de la mièvrie !"

 

Au XVIIe siècle, sous le règne du jeune Roi-Soleil, Angélique (Michèle Mercier) mène une vie un peu paradoxale : si elle est éduquée et issue tout d'un même d'un bon milieu, elle grandit de manière un peu campagnarde jusqu'à l'âge adulte, avec son père et ses amis. Affichant un tempérament rebelle, tout comme une grande beauté, elle surprend un jour un complot contre le Roi et empêche la mort de celui-ci. L'affaire aura des conséquences des années plus tard...mais ce laps de temps écoulé, la jeune femme sort du couvent où on l'a envoyée pour l'éduquer afin de la marier par procuration au Comte de Peyrac, Joffrey (Robert Hossein). Réticente et désespérée par la difformité de son mari, elle finit néanmoins par l'aimer en découvrant sa personnalité. Elle donne naissance à des enfants, mais une vie heureuse ne saurait être de mise : Joffrey est en effet arrêté par Louis XIV, qui lui envie sa richesse issue de la science, et aussi sa femme...Et ainsi commençent les aventures. Ca fait mièvre, tout cela, pas vrai ? :p

 

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Je ne vais pas prendre la défense de la série dans ce sens, tout d'abord parce que je n'ai pas lu les bouquins et je ne connais donc pas le côté sombre et difficile qu'on peut y lire, notamment autour des épreuves et du deuil. Il y a un côté bluette certain dans les films, et je n'en prendrai pour exemple que sur tous les personnages masculins entourant Angélique, il n'y en a peut-être que deux ou trois qui ne tombent pas amoureux d'elle. Mais il n'y a pas que cela non plus. Outre le côté amour - car la plus grande force pour Angélique, c'est le fait de toujours rester fidèle à Joffrey, même tout au long des sept ans qui se déroulent - il y a le côté historique.

Même si les films datent (et je les trouve bien vieillis, franchement) ils offrent tout de même une belle peinture de la Cour du Roi-Soleil, de Paris, Versailles, Alger. Cela aussi bien au niveau des décors que des costumes, comme tout film historique qui se respecte, ainsi qu'avec la façon de parler des personnages. On sent qu'il y a un souci du détail à ce niveau-là, puisqu'on voit aussi bien la haute société que la moyenne, ainsi que celles des rues (c'est très amusant de voir que la Cour des Miracles existe toujours ^^). Et cet aspect se conjuge aussi au niveau des aventures. Angélique partira de la France pour aller jusqu'à Alger, et je sais que dans la série papier, elle va jusqu'au nouveau monde. Il y a donc un côté exotique assez prononcé, également. Les intrigues s'emmêlent de bonne manière, comme celles de la Cour à cette époque.

Au niveau des personnages...Angélique reste bien entendu l'héroïne (quoique j'ai entendu dire qu'elle était apparemment très mal traitée sur le tournage), et Michèle Mercier nous incarne parfaitement une figure de femme aussi bien puissante que fragile, indépendante et rebelle. C'est peut-être ce pourquoi la série a eu autant de succès (et continue à en avoir ?). La Renaissance a été une mauvaise période pour la femme : l'Antiquité ne donnait guère de place aux femmes, le Moyen-Age rehaussait le niveau, et la Renaissance a eu plutôt un retour à l'Antiquité en ce qui les concerne. Voir donc un portrait féminin comme celui d'Angélique contraste avec l'époque, expliquant pourquoi autant d'hommes lui tournaient autour, certainement ! Et d'autre part, elle n'apparaît pas comme une femme fatale, même si personnellement elle m'agace parfois un peu. Elle est forte, fragile, manipulatrice, un peu égoïste dès qu'il s'agit de Joffrey ou de retrouver un statut de noble, mais elle a aussi une grande inclination à la pitié. De belles facettes pour un personnage censé être mièvre. Personnage qui passe tout de même par un grand nombre d'épreuves, de deuil, qui porte la poisse à pas mal de ceux qu'elle rencontre, et de choix difficiles - expliquant son côté impitoyable parfois.

 

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Au niveau des autres protagonistes qui font le charme de l'histoire, la plupart sont bien évidemment masculins. Louis XIV, très bien interprété et qui présente une face moins impitoyable que le vrai Roi dans mon souvenir - il faut dire qu'il est plus jeune au moment de l'histoire. Il reste sûrement un des personnages que j'aime le plus, comme Joffrey, qui a des airs de Monte-Cristo, et qui est très très attachant (ma larme à la fin du premier film, sur cette magnifique musique de Michel Magne), joué par Robert Hossein. Nicolas, l'ami d'enfance d'Angélique, qui est tantôt détestable, tantôt avec un bon fond. Le poète crotté, Osman Ferradji, entrent aussi dans les personnages que j'ai le plus apprécié. (En même temps, ils sont charismatiques/ attachants, ou ne le sont pas.)

 

Je dois quand même dire que malgré le plaisir que j'ai eu à regarder cette série, il y a des moments assez faibles où je me suis ennuyée. Angélique, Marquise des Anges, puisque c'est le tout premier, m'a bien sûr happée et reste mon favori. Merveilleuse Angélique commençait bien mais la deuxième partie, où elle se remarie, devient chocolatière, ne m'a carrément pas passionnée. Angélique et le Roy a bien entendu remonté le niveau, et est mon deuxième favori. Indomptable Angélique (T.T ça fait quand même Harlequin ces titres et couvertures, y a pas à dire,c'est dommage pour des livres qui semblent pourtant aussi fouillés) est bien passé mais sans plus, tandis que le dernier, Angélique et le sultan, avait bien entendu un charme assez particulier. Et cette fin....j'ai bien cru qu'elle allait y passer, la pauvre Angélique, ça aurait fait une belle apothéose, mais bien sûr ce n'était pas possible vu que ce n'était que le quatrième roman adapté. Je tiens aussi à saluer Michel Magne, qui a fait de belles musiques pour l'ensemble des films ("le bûcher" restant un coup de coeur). Reste que c'est au final un voyage dans le XVIIe siècle avec des personnages attachants qui m'a bien plu !

 

En somme, ne me reste plus...qu'à regarder la pile des douze volumes sur mon bureau, que j'entamerai après avoir fini tout ce que j'ai de Sherlock Holmes. J'ai de quoi m'occuper pendant une décennie, si ce n'est plus, avec la nouvelle série qui reparaît.

 

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Par Hermelinda - Publié dans : It Is Not Real (films, séries....)
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 19:34

Lectures

 

Antiberg - Richard Dalla Rosa *(*)
Jack Faust - Michael Swanick (*)
Indignez-vous - Stéphane Hessel **
Lolita - Vladimir Nabokov ♥
Le bénévolat au service de la culture - Kevin Eve (rapport de stage) **
Comment ouvrir et faire connaître une bibliothèque religieuse ? - Jacques Courtois (rapport de stage) ***
La création d'une bibliographie en vue de compléter un fonds  - Aurélia Grosser-Gérard (rapport de stage) ***
Le Mystère d'Edwin Drood - Charles Dickens **

 

Visionnages

 

Angélique, Marquise des Anges - Robert Hossein ***
Abre los ojos - Alejandro Amenabar ****
Le Nom des Gens - Michel Leclerc ****
Merveilleuse Angélique - Bernard Borderie **
Agora - Alejandro Amenabar ***(*)
Arrietty et le petit monde des chapardeurs - Hiromasa Yonebayashi *(*)
Trois Couleurs : Rouge - Kieslowski ***
Sixième sens - Night Shyamalan ♥
Les Autres - Alejandro Amenabar ♥
Sherlock - Steven Moffat ♥ 

 

Le petit bilan. Les lectures ont été moyennes : je n'ai pas accroché à Antiberg malgré la poésie de l'écriture, Jack Faust s'est révélé un navet (on repassera pour une réécriture moderne de Faust). Indignez-vous et les rapports de stage relèvent du documentaire mais n'ont pas été désagréables à lire. Lolita est comme toujours un coup de coeur, à chaque relecture, j'ai l'impression que je le lis pour la première fois, oubliant à quel point le style de Nabokov est ciselé. Quant au Mystère d'Edwin Drood, il ne m'a pas énormément plu mais se laissait lire. Niveau films et séries,  j'ai commencé l'intégrale des Angélique (moquez-vous, allez-y !), revu des Alejandro Amenabar. Le Nom des Gens, niveau cinéma actuel, est un petit bijou critique et plein de fraîcheur (merci à Danièle Gasiglia-Laster qui me l'a conseillé), mais j'ai été très déçue par Arrietty, qui n'avait que peu de magie. Rouge s'est révélé comme la Double Vie de Véronique, assez énigmatique (Irène Jacob est toujours aussi belle, et que j'aime sa voix...) Sixième Sens est un film culte pour moi, que j'ai fait redécouvrir à mes colocs ; après tant d'années sans le revoir, je me suis retrouvée à redire les dialogues en synchronisation XD. Sherlock a bénéficié de la rediffusion de France 4, je ne voulais revoir que le premier épisode, et finalement je me suis retrouvée à 1h du matin devant la télé avec mes parents, à revoir Holmes, Watson et Moriarty dans leur affrontement final...

Par Hermelinda - Publié dans : The Poet Acts (lectures)
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 17:57

 Qu’est-ce qui relie donc tous ces personnages entre eux, les rapproche ainsi alors qu’ils sont issus de genres différents (théâtre, roman, manga, dessin animé…), de pays différents (Japon, France, Angleterre, Russie, Allemagne…) et de siècles divers (si je ne me trompe, depuis le XVIIIe jusqu’au XXIe) ?

 

http://www.thelowry.com/Images/Galleries//130/Earl%20Carpenter%20as%20Javert.jpgD’abord, peut-être le mythe du serpent se mordant la queue, la soif de connaissance, l’ouroboros, qui est l’inspiration toute première de Faust, et faisant de ce protagoniste son incarnation. Ces personnages, ou du moins certains d’entre eux, sont animés par une quête d’absolu prenant différentes formes. Ce sera l’alchimie et la transcendance pour Frollo ; le parfum ultime pour Jean-Baptiste Grenouille, l’essence même de la beauté et de l’amour ; la cessation de l’ennui pour Sherlock Holmes et Light Yagami ; un désir de justice absolue (Javert), de pulsions libertines, amoureuses ou sexuelles (le Vicomte de Valmont), d’éternelle beauté (Gothel) ou jeunesse (Peter Pan), d’art (le Fantôme de l’Opéra)…Ces absolus se mélangeant parfois et étant aussi souvent liés à un désir amoureux. Cette recherche fait souvent d’eux des génies, savants, justiciers, avec bien entendu quelques anomalies dans cette théorie (et celles qui suivront). Je persiste à percevoir le héros du Collector de Fowles comme un imbécile, tandis que Gothel, Peter Pan, Grenouille, possèdent des intelligences normales ou presque autistes pour le tout dernier. Mais, d’une façon ou d’une autre, c’est une marque de génie, ou sinon de grande intelligence. Cette façon de penser les mène ainsi au-dessus des autres, les faisant craints ou pris pour ce qu’ils ne sont pas, les mettant à part dans une société où ils occupent pourtant des places importantes, le plus souvent. Et ils sont souvent isolés socialement et familialement. Mais c’est en tout premier lieu cette quête d’absolu, lié à une intelligence souvent hors normes, qui les rend solitaires et marginaux. Le meilleur exemple ici est sans doute le célèbre Sherlock Holmes.

 

De cette solitude ressort alors la deuxième caractéristique de ces personnages : leur caractère. Tous ont des natures extrêmes, des tempéraments dignes de dédoublement de personnalité. Twolionss utilisait l’expression « wild imagination » et c’est aussi quelque chose de très commun chez eux. Il y a une tendance, due à leur intelligence, à imaginer de manière extrême, que ce soit dans un sens osé ou plus conventionnel. C’est cet extrême qui cause un caractère aussi violent et parfois lunatique, certainement. Cet aspect intérieur tourmenté se reflète ensuite vers l’extérieur, physiquement. Frollo, John Jasper sont souvent décrits comme des statues s’animant brutalement, avec des flammes dans les prunelles ; Javert gardera un aspect rigide et froid ne laissant jamais transparaître ses vrais sentiments, mais cette rigidité est aussi la preuve de sa névrose, dirais-je. Sherlock Holmes, Light Yagami, L, sont des figures majoritairement impassibles pour dissimuler leurs sentiments, avec parfois des explosions. Dans tous les cas, il y a un contraste saisissant entre ce que pensent ces personnages et la façon dont ils paraissent. Car ils sont déjà considérés comme marginaux à cause de leur savoir ou intelligence ; mieux vaut ne pas savoir ce qu’il se passerait si en plus ils pouvaient s’extérioriser pleinement. Et pour certains, on le sait déjà : perdre ce contrôle chez Frollo, Ambrosio, Dorian Gray, Grenouille, Humbert Humbert, c’est dériver vers le viol ou le meurtre ; pour Javert, c’est se suicider ; pour le Fantôme de l’Opéra, c’est non seulement le meurtre mais aussi l’expulsion d’une folie intérieure qu’on n’imaginait guère. Cela tend en tout cas vers la noirceur véritable du personnage, une profonde noirceur peut-être issue de l’héritage gothique, autant physique que psychologique.

 

http://image.toutlecine.com/photos/l/o/l/lolita-15-g.jpg

J’ai pourtant parlé d’une sorte de « dédoublement de personnalité. » Car pour beaucoup des personnages, il faut aussi souligner que cet extrême n’est pas issu de nulle part. Il vient de la répression, du refoulement que les personnages s’infligent à eux-mêmes, que ce soit d’ordre sexuel, émotionnel, ou simple incapacité/difficulté à éprouver des sentiments vraiment humains (Peter Pan, Grenouille). Soit pour des raisons « professionnelles », comme Javert ou Sherlock Holmes qui ne laissent pas les sentiments intervenir dans leur jugement, soit parce qu’ils les considèrent comme inutiles ou inaccessibles, seul l’aspect extérieur comptant. Soit pour des raisons religieuses, Frollo, Ambrosio, John Jasper en tête ; des raisons sociales venant de leur incapacité à s’introduire dans la société (le héros du Collector, Heathcliff, le Fantôme). Majoritairement, ce sont aussi des personnages qui ne sont plus dans la société parce que celle-ci les a déçus à un moment ou à un autre, et ils la méprisent donc, étant d’ores et déjà « au-dessus » du commun des mortels. Des « sociopathes », comme Holmes. L’autre aspect de leur caractère est indissociable de leur noirceur : il s’agit de leur côté plus lumineux, et humain (quand ils en ont un). Frollo en fait les frais entre l’héritage gothique d’Ambrosio dont il est directement inspiré, et l’héritage romantique du XIXe siècle, le condamnant non pas à une simple luxure mais à un amour tourmenté. Grenouille reçoit, comme dirait une professeur de littérature germanique dont j’ai suivi les cours, l’héritage hugolien de Quasimodo : un monstre, intérieurement parlant, mais poursuivant pourtant une quête de beauté. Même chose pour le Fantôme de l’Opéra, avec le côté extérieur en plus. Gothel, à mon sens, est un personnage partagé également entre un véritable instinct maternel et un égoïsme profond. Dorian Gray, comme Docteur Jekyll et Mister Hyde, garde la noirceur pour son tableau et affiche une vertu visible sur son visage, dont il n’est pas dépourvu (ne voudra-t-il pas, finalement, épouser la jeune actrice de théâtre qu’il avait repoussé ?). En plus d’être des sociopathes, ces personnages ont des caractères à double tranchant, à deux faces, l’une nécessaire à l’autre, expliquant l’extrême de leur attitude, partagés entre la noirceur de leurs différents désirs à l’état brut et souvent ignorés, et cet absolu qu’ils souhaitent atteindre.

 

http://image.toutlecine.com/photos/p/a/r/parfum--histoire-d-un-meurtrier-2006-25-g.jpgCe même absolu…que très souvent ils n’atteignent pas, puisqu’ils sont destinés à une fin tragique et prématurée…amène aussi à la troisième part importante chez eux : leur égoïsme. Pour atteindre ce but fixé, et vu leur personnalité, ils ne reculent devant rien pour atteindre leur but – ou les éventuelles chutes qui les empêchent d’atteindre ce but. Et c’est bien souvent de là que vient leur inhumanité ou notre capacité à les détester. Sans prendre garde aux sentiments des autres personnages qui les entourent, aux conséquences de leurs actes, ils s’efforcent par tous les moyens de continuer leur quête. Javert ne s’arrêtera pas devant Fantine, Cosette ou Jean Valjean. Light Yagami verra sa famille presque entièrement détruite jusqu’à la fin. Humbert Humbert ne ressentira pas grand-chose à l’idée de devoir se marier avec la mère de Lolita, ou la tuer, pour rester avec la jeune fille. Heathcliff fera toujours preuve d’une grande inhumanité envers tout le monde, y compris celle qu’il aime. Sherlock Holmes ne prendra jamais de gants avec son entourage. L passera lui aussi par des moyens peu humains pour obtenir ce qu’il veut. Bref, ils ont tous en eux la marque d’un profond égoïsme, brisant ou rendant prisonniers ceux qui les entourent, ignorant leurs sentiments tant que eux atteignent ce qu’ils veulent. Une exception dans tout cela ? Oui. Je dirais Peter Pan. Il a un égoïsme enfantin dont il n’a pas conscience, et c’est d’ailleurs principalement cet égoïsme qui m’a menée à le mettre dans cette catégorie de personnages. A tort, peut-être, mais il m’a semblé devoir y être. Le cas de Peter Pan est juste un peu plus particulier – parce que c’est un enfant éternel vivant pour toujours dans le présent.

 

Et puisque que beaucoup meurent tels qu’ils ont vécu…voilà le dernier point qui les relie tous, leur mort. Souvent tracée dès le début – le Fantôme, Frollo, Valmont, Ambrosio, mourront de/par tout ce qu’ils auront aimé – suivant soit la fatalité, soit la nécessité, soit un déroulement naturel de leur caractère (bon, peut-être par le besoin d’une fin morale, également.) Toujours prématurément, bien sûr. Il y a un côté héritage des tragédies antiques bien présent. Mais cette mort est aussi liée, presque toujours, à ce qui peut les sauver, à ce qui a été souvent leur quête d’absolu. Et là, on touche peut-être au point qui fait que ces personnages, on les déteste, mais en même temps, on ne peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’eux, de les admirer ou aimer, au-delà des techniques d’écriture employées par l’auteur pour http://photo.goodreads.com/books/1173803918l/329957.jpgnous séduire. Le Fantôme de l’Opéra représente peut-être le mieux cela : personnage profondément égoïste et inhumain sauf en ce qui concerne l’art et son amour pour Christine, lorsqu’il atteindra le plus le fond de sa folie, il choisira finalement de laisser la jeune femme partir, et c’est ce qui cause sa mort. Ce qui les tue, c’est au final l’absolu qu’ils finissent par trouver, même si ce n’est pas forcément celui qu’ils cherchaient à la base. Valmont se laissera tuer par amour pour la Présidente de Tourvel ; Dorian Gray meurt en ayant un désir de rédemption. Grenouille meurt par sa propre main, dévoré par son ultime parfum et la seule preuve d’amour qu’il ait jamais reçue. Bien entendu, cela ne s’applique pas à tous. Peter Pan ne mourra jamais mais meurt en quelque sorte par cette mémoire qu’il ne peut conserver, gardant seulement l’idéal en lui, une Wendy, et un présent éternel. Le héros du Collector reste impuni. Sherlock Holmes finira par prendre une retraite tranquille. Mais ce même absolu qu’ils cherchaient, qui faisaient d’eux des personnages extrêmes et tourmentés, égoïstes, est ce qui les tue, mais aussi ce qui pourrait les sauver. Il y a là une ambivalence qu’un simple article de blog ne suffit pas à décrypter, il y a tellement à dire sur ce type de personnage, avec tous les exemples qui en existent.

 

Une dernière chose : pourquoi ces personnages sont-ils aussi ceux qui fascinent le plus ? En établissant à côté de mon texte la liste de ces personnages pour les citer tous de manière plus ou moins égale sans en oublier, je viens de me rendre compte de deux choses : je n’ai pas mis Lolita dans cette liste, alors qu’elle a elle aussi une certaine ambivalence, mais elle garde encore quelque part une trace d’innocence, ni Severus Rogue, qui pourrait aussi en être, ou Dracula (je me tâte pour Dracula, d’ailleurs). L’autre détail, c’est que parmi tous ces personnages, une bonne quinzaine, une seule est une femme, et c’est la mère Gothel de Tangled/Raiponce. Alors, peut-être est-ce dû au fait que je sois une lectrice et non un lecteur, mais tous ces personnages sont masculins, oui. Il doit bien y avoir des équivalents féminins de ce type de protagoniste, non ? Et n’y a-t-il pas un certain côté malsain à être fasciné par des « personnages » aussi noirs ? Pourtant ils sont aussi ceux qui ont fasciné les professionnels et critiques de la littérature. Sans doute parce qu’ils représentent l’extrême, les « hommes interdits », parce qu’ils sont aussi la part sombre et/ou taboue, mais aussi lumineuse de l’homme. La littérature, au niveau psychanalyse, est parfois bien plus explicite en quatre cents pages qu’avec des dizaines de séances chez un psy…Ils sont des valeurs qu’on admire ou déteste, et c’est pourquoi les livres existent toujours aujourd’hui, probablement. Simple avis.

 

Ah, j’allais oublier un dernier détail.

« Don’t make people into heroes, John. Heroes don’t exist, and if they did, I wouldn’t be one of them. » (Benedict Cumberbatch, Sherlock Holmes dans l’épisode “Le grand jeu/The great game”)

Monsieur Holmes dit tout. A aucun moment je n’ai utilisé le mot héros pour décrire ces personnages, tout simplement parce qu’ils n’en sont pas. (Le héros du Collector n'est nommé ainsi que parce que je n'arrive jamais à me souvenir de son nom, c'est dire à quel point je l'ai détesté, je crois.) Ce sont tous des antihéros, bien que pas foncièrement mauvais pour certains. Et il y en a tellement à dire sur eux, sans nul doute…

 

 

http://monarocv8tuner.files.wordpress.com/2008/06/phantom31.jpg

 

EDIT : On m'a fait remarquer que le mot "frollien" n'était probablement pas le meillleur pour désigner ce type de personnage, et c'est vrai. Mais "faustien" se réfère plus au savoir, et je refuse d'employer "ambrosien" pour un personnage avec aussi peu de pitié. Le personnage venant ensuite est Frollo, et le second personnage le plus caractéristique serait le Fantôme de l'Opéra. Alors, que peut-on entendre par personnage "frollien" ? Le terme est choisi à défaut d'un meilleur. Si toutefois on ne devait garder que les personnages ressemblant véritablement à Claude Frollo sous ce terme, le nombre se réduit vite, puisque outre les quatre caractéristiques nommées, il faut donc un sacerdoce au minimum, ainsi que le fait d'aimer une femme inaccessible. Nous n'aurions donc qu'Ambrosio du Moine de Lewis, Frollo lui-même, et John Jasper de Dickens. Toutefois, je trouve dommage de ne pas aussi y ajouter les autres protagonistes, car ils possèdent tous des facettes pouvant éclairer et complexifier ce côté "frollien".

Je vous invite aussi à lire les commentaires sur cet article, car ils sont tous éclairants et intéressants à leur manière, une opinion, une analyse, sont des travaux en perpétuelle reconstruction ^^. Un grand merci à  Clelie pour avoir été le déclencheur de cet article !

Par Hermelinda - Publié dans : Pages de littérature
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 17:43

 Au cours d’un mail avec Clelie, nous en sommes arrivées à discuter de ce que j’appellerais les personnages « frolliens » à défaut d’un meilleur terme pour l’instant., gothiques étant trop général .Car nous avons vu que différents personnages de fictions, aussi bien classiques que contemporains, présentent les mêmes caractéristiques, et les font très souvent appartenir à la catégorie des personnages maudits, voire détestables, qu’on ne peut que haïr mais aussi admirer. Sans l’ai-je déjà écrit au cours des posts de ce blog, il m’avait toujours semblé que les personnages de fiction que j’aimais n’avaient été au final que le chemin pour arriver à l’absolu, incarné en Frollo. Sherlock Holmes, le Fantôme de l’Opéra, le Vicomte de Valmont, Heathcliff, Light Yagami, L, Gothel, Ambrosio, Javert, le héros du Collector, Humbert Humbert, Faust, John Jasper, voire Peter Pan, Dorian Gray et Jean-Baptiste Grenouille…et sans doute d’autres. (Pour tous ceux qui ne sont pas familiers avec ces divers protagonistes, je vous renvoie à la fin de l’article, j’ai fait un court descriptif de chacun. Spoilers...)

 

 

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/78/16/53/19448510.jpgSi nous commençons par le commencement, vient tout d’abord Ambrosio, le protagoniste principal du Moine, roman gothique par excellence de Matthew Gregory Lewis. Moine orgueilleux et lubrique sans subtilité possible, Ambrosio est un des premiers personnages dits « Frolliens » (encore une fois, l’expression ci-dessus est choisie à défaut de réussir à en trouver une autre), voire même l’ancêtre de toute cette lignée de personnages froids et hypocrites, puisqu’il est sans doute l’un des seuls à n’avoir rien qui puisse le rendre un tant soit peu digne de pitié. Présenté comme vertueux, fier, inaccessible, toutes ces qualités poussées à l’extrême chez Ambrosio du fait de sa vocation de prieur, sont celles qui finissent par le détruire. Il est tellement persuadé d’être immunisé contre toutes les tentations, que lorsqu’une chute charnelle se présentera, il ne luttera pas longtemps contre ses désirs en s’y lançant même à cœur-joie, comme si tout le reste de son attitude religieuse pouvait sauver cette seule faute. Et de ce fait, il deviendra d’autant plus austère, violent et impitoyable envers les autres, pour cacher sa propre chute. Cette déchéance le mène à ce qui est la part essentielle chez cette lignée de personnages que j’essaye de décrire, à savoir un extrême dans l’égoïsme, la violence et la luxure. Autant de choses qui le conduisent à la deuxième part essentielle de ce type de protagoniste : le fait de (je me permets de citer Clelie) « s’asseoir sur les sentiments des autres dans le plus pur égoïsme », comme ce sera plus tard le cas de notamment Frollo et John Jasper. Ambrosio finit par abandonner sa première amante au bout d’une semaine pour une autre victime, Antonia, symbole même de l’innocence et de la pureté (comme le seront plus tard Esmeralda, la Présidente de Tourvel, Marguerite, Rosa, Christine ou Raiponce.) Et comme tout roman gothique, inutile de vous dire qu’Ambrosio va assez loin dans le meurtre, la luxure et finalement la damnation, sans aucune possibilité de retour car c’est bien l’un des seuls personnages de ce genre à n’avoir aucune humanité.

 

Il manque toutefois une troisième part essentielle chez ce type de personnages pour les décrire, voire une quatrième. Ces deux caractéristiques sont celles du génie, et de la violence de leur imagination, et/ou sentiments. Choses que/qui possède(nt) également Ambrosio, marqué par une grande intelligence et vertu (au début du moins), et une imagination, des sentiments assez sauvages, dans le sens qu’il est très peu, voire pas du tout humain. Ou trop, justement.

 

http://www.decitre.fr/gi/09/9782841004409FS.gifEn fait, chronologiquement parlant, j’aurais dû commencer par le personnage de Faust, qui est me semble-t-il antérieur au Moine. Mais Ambrosio permettait de poser les bases. Continuons par Faust, alors. (Rectification : Goethe a écrit cette pièce au XIXe siècle, mais le conte d’origine date du XVIe. Urfaust, le premier brouillon, date de 1773-1775.) Le Faust de Goethe est la célèbre légende plus ou moins vraie du savant maudit qui passe un marché avec le Diable pour étendre ses connaissances jusqu’à l’extrême.

 

« Le destin de Faust est, d’un certain point de vue, depuis longtemps décidé : la route qu’il a emprunté le conduit inévitablement à sa perte. Mais celle-ci ne frappera-t-elle que son état extérieur ou va-t-elle s’étendre jusqu’à l’être intérieur ? Restera-t-il fidèle à lui-même ou va-t-il, même à l’instant de sa dernière chute, mériter encore notre pitié parce qu’il est tombé en être humain, avec de grandes dispositions (Anlagen) ? Ou bien l’esprit abject auquel il s’est livré va-t-il le conduire à devenir, lui, un agent du mal et même un diable ? Cette question demeure encore non résolue. » (Préface de l’édition de l'éditeur Bartillat, 2009)

 

Cette citation illustre aussi très bien l’essence des personnages frolliens. D’une certaine façon, leur voie est déjà toute tracée vers une fin forcément tragique, par leur caractère, leur génie, leur (in)humanité. Une sorte de fatalité à laquelle ils ne peuvent échapper. Mais la question serait, meurent-ils avec au final une dernière trace d’humanité en eux qui nous fait éprouver de la pitié (Humbert Humbert serait peut-être le meilleur exemple) ou au contraire, avec juste un pur mépris de la part du lecteur (Ambrosio, le héros du Collector). Faust, pour sa part, entre probablement dans la première catégorie, car il n’est pas sans remords ; après avoir fait tuer la mère de Marguerite, après s’être mêlé de sorcellerie, après avoir également tué le frère de Marguerite, ne revient-il pourtant pas chercher celle-ci dans l’espoir de la sauver ? Il ne pourra évidemment pas le faire car Marguerite est devenue folle et condamnée à mort pour infanticide, et refuse d’ailleurs de le suivre. Mais il le tente tout de même, sans écouter le démon Méphistophélès, dans une tentative de salvation après avoir tant détruit la vie de la jeune fille. Et n’est-il pas, après tout, sauvé à la fin ? Une des anges du Paradis, probablement Marguerite, dira « Il est sauvé. »

 

Faust et Ambrosio sont peut-être ainsi les ancêtres et premiers représentants de cette longue lignée de personnages « frolliens ».

De fait, on parvient peut-être à distinguer, dans ce type de personnage, encore deux catégories. Je tendrais à dire que la première concerne les personnages tels que Frollo, Ambrosio, Humbert Humbert, etc. ; ceux, en sorte, animés en grande partie - si ce n’est principalement - par le désir sexuel et amoureux. La seconde concernerait plutôt les protagonistes comme Sherlock Holmes, Javert, Grenouille, Peter Pan, etc. ; eux sont en revanche animés par d’autres motivations, plus diverses, tout en conservant les mêmes caractéristiques : le génie, un caractère violent, un profond égoïsme, tout cela amenant à une fin extrême.

 

Faust – Goethe, Urfaust, Allemagne, 1808, ou 1773-1775 (30% de pitié selon la blogueuse^^)

Savant allemand assez âgé du Moyen-Age, il écluse tous les domaines du savoir et constate finalement à quel point tout cela n’est que néant. Désespéré, il invoque un démon, Méphistophélès, pour retrouver sa jeunesse et une raison de vivre. Il rencontre notamment Marguerite, personnage-type de l’innocence vertueuse, qu’il séduira. Lorsque celle-ci tuera son enfant par folie, il essayera de la sauver de la condamnation à mort mais échouera. Damné par son marché avec le démon, responsable de différents maux, il finira néanmoins pardonné et montera au Paradis. Apparaît avec Marguerite le concept de l’éternel féminin, l’absolu et la salvation incarnés en la femme, et moteur de bien des personnages frolliens.

Nominé pour la catégorie « Ancêtre de tous les personnages frolliens. »

 

http://image.toutlecine.com/photos/l/i/a/liaisons-dangereuses-88-03-g.jpgLe Vicomte de Valmont – Chaderlos de Laclos, France, Les Liaisons dangereuses, 1782 (50% de pitié)

Libertin remarquablement intelligent et fourbe du Siècle des Lumières, avec une superbe plume et un grand charisme, surtout avec John Malkovich. Deux de ses conquêtes, Cécile de Volanges et la Présidente de Tourvel, toutes deux éternels féminins, lui succomberont. Mais il sera touché par le désespoir et le vrai amour que lui porte Tourvel, et sans doute en est-il lui-même amoureux sans se l’avouer. Provoqué dans un duel à mort par le fiancé de Cécile, il se laissera tuer, Tourvel étant morte presque en même temps que lui. Ou quand l’amour est la rédemption d’un homme (selon les interprétations, bien sûr.)

Nominé pour la catégorie « On me prend pour un psychopathe, je ne me défends pas d’être un libertin, on m’a juste entraîné sur une mauvaise pente, et je m’en porte très bien. Ce n’est pas ma faute. »

 

Ambrosio – Le Moine de Matthew Gregory Lewis, Angleterre, 1792 (monstre irrécupérable)

Enfant abandonné aux portes d’un prieuré, Ambrosio n’a connu que le service religieux pour toute vie. Vers ses trente ans, il découvre que l’un des moines le suivant est une femme amoureuse de lui et cède à ses instincts. Puis il tombe « amoureux » d’Antonia, autre éternel féminin, qu’il finit par violer et tuer après débauches, tours de sorcelleries, enfermements sinistres et autres. Sauf que, pas de chance, Antonia était sa sœur. Condamné à mort, il donne son âme au Diable par peur du jugement de Dieu et se damne ainsi pour l’éternité – alors qu’il aurait été pardonné sinon.

Nominé pour la catégorie « Tu as eu ce que tu méritais, et encore c’est pas assez ! »

 

Claude Frollo – Victor Hugo, France, Notre-Dame de Paris, 1831 (90% de pitié)

Archidiacre, père de famille, il vit en paix quoique dans la même quête du savoir que Faust jusqu’à son coup de foudre pour Esmeralda (cinquième éternel féminin). Partagé entre sa foi et son amour, ses dilemmes ainsi que le rejet de la jeune fille le rendent fou et indirectement responsable de la mort de la bohémienne, entre autres. Il meurt par la main de tout ce qu’il a aimé : mentalement avec la perte de la bohémienne, projeté du haut de Notre-Dame par son fils adoptif, dans une chute qui n’est pas sans évoquer celle finale d’Ambrosio, dont il est l’héritier direct avec un peu plus d’humanité.

Nominé pour la catégorie « Meilleure confession d’amour et meilleure scène de dépression »

 

Heathcliff – Les Hauts de Hurlevent, Angleterre, Emily Brontë, 1847 (moi, je me souviens plus trop de toi donc ça va être vite plié – 20% de pitié)

Héros romantique par excellence des romans anglais du XIXe siècle…adopté par la famille Linton et pas très bien accepté, amoureux de Cathy, il s’absente pendant trois ans et revient transformé, avec une cruauté et un désespoir qui n’ont d’égal que son amour pour Cathy. Et ils ne finissent pas ensemble, Cathy mourant et lui restant encore plus amer, si je me rappelle bien.

Nominé pour la catégorie « Regrettera d’avoir été aussi cruel jusqu’à sa mort où il rejoindra Cathy en fantôme »http://www.devoir-de-philosophie.com/images_dissertations/30776.jpg

 

Javert – Les Misérables, France, Victor Hugo, 1862 (Look down, look down !)

Le policier le plus incorruptible qui puisse exister. Jamais il ne fléchira, jamais il ne mettra de doute dans son jugement, ou alors cela le contraindrait à démissionner, s’il faisait une seule erreur. Il ne reconnaît que l’autorité de la loi et de Dieu. Assez indéchiffrable et énigmatique, il choisit de donner une chance à la fin à Jean Valjean en le laissant partir, mais cela met en doute tout son jugement depuis des années. Plutôt que d’affronter le fait qu’il ait tort – ou l’affrontant – il ne peut supporter ce doute et se suicide.

Nominé pour la catégorie « Voilà une énigme pour Sherlock Holmes : savoir ce qui se trame exactement dans la tête de ce personnage ! »

 

John Jasper – Charles Dickens, Angleterre, Le Mystère d’Edwin Drood, 1869 (alias « Seul mon auteur savait ce que j’allais devenir »)

Homme d’église s’occupant de la partie musique et chants, il éduque son neveu Edwin Drood, fiancé depuis toujours à Rosa (éternel féminin numéro 6). Ayant des vues sur celle-ci, à qui il enseigne le piano, il profite de la mort de son neveu auquel il a juré vengeance pour déclarer son amour à la pauvre Rosa. Son attitude physique fait un peu penser à celle de Frollo, tout comme sa déclaration, avec le même genre d’extrême. Malheureusement, c’est le dernier roman inachevé de Charles Dickens, et on ne saura jamais ce qui avait été prévu par la suite…

Nominé pour la catégorie « C’aurait été plus simple de savoir quoi penser de toi si Dickens t’avait laissé exprimer ton point de vue dans la narration »

 

Sherlock Holmes – Sir Arthur Conan Doyle, Ecosse, 1887 (Rien n’est petit pour un grand esprit, 90% de pitié)

Unique détective consultant au monde se basant sur la science de la déduction, son génie égale parfaitement son manque de savoir-vivre dans les relations avec les autres et son habileté à manipuler les gens ou à s’en servir pour son travail. Misogyne, sociopathe, mélomane, moqueur, drogué et autres réjouissances, il ne semble définitivement pas savoir à quoi sert cette chose qui bat dans sa poitrine. Tant pis, les enquêtes suffisent pour chasser son ennui, et la compagnie de John Watson aussi.

Nominé pour la catégorie « Personnage mythique du XIXe siècle, célébrité mondiale et s’amuse du fait qu’on pense qu’il a vraiment existé…et ignorant à propos du système solaire. »

 

Dorian Gray – Le portrait de Dorian Gray, Irlande, Oscar Wilde, 1890 (80% de pitié)

Alias réutilisation du mythe de Faust mais avec la jeunesse et beauté éternelle. Jeune homme innocent et trop beau du XIXe siècle, la vue d’un tableau de lui-même, accompagné des mots d’un de ses amis sur la vanité et la déchéance de la beauté, le souhaiter que le tableau vieillisse à sa place. Et Dorian peut ainsi mener une vie de débauche pendant des décennies sans que cela se voie sur son visage. Le tableau prend tout le mal pour lui. A la fin, submergé de remords, il effectue une bonne action et va voir si le tableau en porte la trace. Il meurt en voyant son portrait et le charme s’inverse.

Nominé pour la catégorie « Un des meilleurs romans du XIXe siècle, et marquant pour un bon moment. »

 

Le Fantôme de l’Opéra, Erik – Le Fantôme de l’Opéra, France, Gaston Leroux, 1910 (80-90% de pitié)

Né défiguré, le Fantôme est recueilli par une responsable de l’Opéra de Paris. Pendant plus de vingt ans, il voyage, travaille, et finit par s’enfermer dans les souterrains de l’opéra, devenant le maître des trappes ainsi qu’un véritable génie artistique et musical, avec une voix presque divine. Haïssant toute personne et le monde en général, il entend Christine Daaé (éternel féminin, again) chanter et en tombe amoureux. Ils apprennent à se connaître, mais le cœur de Christine ira toujours vers la pitié en ce qui le concerne et non l’amour, à cause de sa difformité. Pris de rage, le Fantôme enchaîne une série d’actes destructeurs, puis décide de la laisser partir. Il meurt peu après, seul. Erik est souvent considéré comme le mélange parfait entre Quasimodo et Frollo.

Nominé dans la catégorie « 25 ans que je suis à Londres, mesdames et messieurs, et c’est pas fini ! »

 

http://2.bp.blogspot.com/_urB_ytxGPbc/S89IpsRiJ6I/AAAAAAAAAUg/hXdTHKxmNOA/s1600/statue+de+Peter+Pan+de+Kensington+Gardens.JPGPeter Pan – Peter Pan ou le Garçon qui ne voulait pas grandir, James Matthew Barrie, Ecosse, 1924 (And thus will go on, as long as children are gay, innocent and heartless – 90% de pitié)

Un peu l’anomalie dans les personnages frolliens, mais qui a pourtant une place justifiée, peut-être ? Eternel enfant vivant au Pays Imaginaire peuplé de pirates, sirènes, Indiens et enfants perdus, son monde est loin d’être enfantin, à la fois habité de violence, de magie et de cruauté. Il ne vit que dans le présent et finit par oublier peu à peu ceux qu’il a connus et vus disparaître.

Nominé pour la catégorie « I do believe in fairies, I do, I do ! »

 

Humbert Humbert – Lolita, Vladimir Nabokov, Russie/Amérique/France, 1955 (70% de pitié)

Pervers pédophile ayant été amoureux durant son adolescence d’une nymphette qui a terminé tragiquement, Humbert Humbert cherche à transposer cet amour perdu sur les autres nymphettes qu’il rencontre, fillettes entre 8 et 14 ans, plus ou moins. Et il finit par trouver Lolita, qui lui apparaît comme une réincarnation de son premier amour. Un jeu de séduction commence entre les deux, coupable aussi bien chez l’un que chez l’autre, et quand la mère de Lolita meurt, Humbert Humbert l’emmène avec lui pendant deux ans, rythmés par une relation assez ambiguë. Lolita finira par s’échapper, se marier et avoir un enfant, tandis que Humbert Humbert mourra peu avant son procès pour avoir tué un ancien amant de Lolita.

Nominé dans la catégorie « Remerciez Nabokov de m’avoir donné un tel style et un tel caractère que vous avez fatalement pitié de moi. »

 

Frédéric - The Collector, John Fowles, Angleterre, 1963 (2e monstre presque irrécupérable)

Employé de banque, il gagne un jour une fortune à la loterie. Il décide alors d’acheter une maison, de s’y installer et surtout de mettre en place une cave-prison pour Miranda, une étudiante en art dont il est amoureux. Lorsque celle-ci se retrouve à sa merci, il déclare juste vouloir devenir son ami, puis son mari, mais ne portera jamais la main sur elle sexuellement parlant. Une étrange relation de bourreau-prisonnier s’établit entre les deux ; il la voudrait comme les papillons qu’il collectionne : vivante mais épinglée, à jamais telle qu’il la voit, pour lui seul. Après diverses péripéties, elle perd son estime et il met trop longtemps à vouloir la soigner lorsqu’elle tombe malade. Elle finit par mourir, et il se remet en chasse d’une autre jeune femme.

Nominé dans la catégorie « Crétin de première classe, respectueux mais crétin quand même »

 

Jean-Baptiste Grenouille – Le Parfum, histoire d’un meurtrier, Patrick Süskind, Allemagne, 1965 (70% de pitié)

Grenouille semblerait presque autiste et complètement marginal ; mais son talent unique réside en son nez. Capable d’identifier toutes les odeurs, il se met en tête l’obsession de créer le parfum final, celui de l’essence de la beauté et de l’amour. Pour atteindre son but, il tue vingt femmes afin de capturer leurs odeurs et de les mélanger. Mais si le parfum le sauve de sa condamnation à mort et lui permettrait de dominer le monde, il se rend compte que cela ne lui apportera jamais ce qu’il ignorait réellement désirer : être aimé pour lui-même et non pour une odeur. Il verse alors tout son parfum sur son corps, et finit dévoré par les gens envoûtés par cette senteur.

Nominé dans la catégorie « Mort la plus horrible, et personne portant le plus la poisse aux personnages qu’il rencontre »

 

Light Yagami, L – Death Note, Japon, Oba & Obata, 2004 (50% de pitié pour l’un, 99% pour l’autre)http://www.animeresimleri.com/data/media/197/Light_vs_L.jpg

Génies surdoués en tous les domaines. Light Yagami est un étudiant décidant d’épurer le monde du mal qui le pourrit avec un Death Note, le carnet des dieux de la mort. Celui dont le nom est écrit dans ce cahier meurt. L, détective privé, se met alors en chasse de Light, connu comme Kira en tant que criminel. Personnages facilement interchangeables, Light perd peu à peu son humanité devant la mission divine qu’il s’est confié, ne reculant devant rien ni personne pour devenir le dieu purificateur du monde. L est bien sûr plus humain, mais possède le même égoïsme que Light, voire le même manque de réelle sociabilité. L finit tué par Light, mais celui-ci mourra également après avoir vu son identité découverte et avoir été sur le point d’être arrêté par la police.

Nominés dans les catégories « Premier de la classe à tendance psychopathe » et « Payé au quotidien pour manger du sucre et avoir un QI de 300 »

 

Mère Gothel – Tangled/Raiponce, Amérique, Disney/Grimm, 2010 (alias maman surprotective)

 

Personne assez proche de celui du Frollo de Disney, Gothel est menée par l’égoïsme et le désir de jeunesse et beauté éternelles. Elle emprisonne Raiponce pendant dix-huit ans, puisque les cheveux de la jeune fille lui permettent cette immortalité, en se faisant passer pour sa mère et est donc hyper protectrice et possessive envers elle, l’empêchant de voir le monde extérieur. Si elle n’apparaît pas au début foncièrement méchante, nul doute que c’est son égoïsme qui domine et qui la tuera.

Nominée dans la catégorie « Mother knows best » et « Message inhabituel des Disney »

Par Hermelinda - Publié dans : Pages de littérature
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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 08:49

http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/67/88/57/19001590.jpg

 

Valentine : Qu'est-ce que je peux faire...qu'est-ce que je peux faire pour aider ?

Le juge : Vous pouvez...être.

Valentine : Je peux....quoi ? Qu'est-ce que cela veut dire ?

Le juge : Etre. C'est tout.

Par Hermelinda - Publié dans : It Is Not Real (films, séries....)
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