Au cours d’un mail avec Clelie, nous en sommes arrivées à discuter de ce que j’appellerais les personnages « frolliens » à défaut d’un meilleur terme pour l’instant., gothiques
étant trop général .Car nous avons vu que différents personnages de fictions, aussi bien classiques que contemporains, présentent les mêmes caractéristiques, et les font très souvent appartenir à
la catégorie des personnages maudits, voire détestables, qu’on ne peut que haïr mais aussi admirer. Sans l’ai-je déjà écrit au cours des posts de ce blog, il m’avait toujours semblé que les
personnages de fiction que j’aimais n’avaient été au final que le chemin pour arriver à l’absolu, incarné en Frollo. Sherlock Holmes, le Fantôme de l’Opéra, le Vicomte de Valmont, Heathcliff,
Light Yagami, L, Gothel, Ambrosio, Javert, le héros du Collector, Humbert Humbert, Faust, John Jasper, voire Peter Pan, Dorian Gray et Jean-Baptiste Grenouille…et sans doute d’autres.
(Pour tous ceux qui ne sont pas familiers avec ces divers protagonistes, je vous renvoie à la fin de l’article, j’ai fait un court descriptif de chacun. Spoilers...)
Si nous commençons par le commencement, vient tout d’abord
Ambrosio, le protagoniste principal du Moine, roman gothique par excellence de Matthew Gregory Lewis. Moine orgueilleux et lubrique sans subtilité possible, Ambrosio est un des premiers
personnages dits « Frolliens » (encore une fois, l’expression ci-dessus est choisie à défaut de réussir à en trouver une autre), voire même l’ancêtre de toute cette lignée de
personnages froids et hypocrites, puisqu’il est sans doute l’un des seuls à n’avoir rien qui puisse le rendre un tant soit peu digne de pitié. Présenté comme vertueux, fier, inaccessible, toutes
ces qualités poussées à l’extrême chez Ambrosio du fait de sa vocation de prieur, sont celles qui finissent par le détruire. Il est tellement persuadé d’être immunisé contre toutes les
tentations, que lorsqu’une chute charnelle se présentera, il ne luttera pas longtemps contre ses désirs en s’y lançant même à cœur-joie, comme si tout le reste de son attitude religieuse pouvait
sauver cette seule faute. Et de ce fait, il deviendra d’autant plus austère, violent et impitoyable envers les autres, pour cacher sa propre chute. Cette déchéance le mène à ce qui est la part
essentielle chez cette lignée de personnages que j’essaye de décrire, à savoir un extrême dans l’égoïsme, la violence et la luxure. Autant de choses qui le conduisent à la deuxième part
essentielle de ce type de protagoniste : le fait de (je me permets de citer Clelie) « s’asseoir sur les sentiments des autres dans le plus pur égoïsme », comme ce sera plus tard le cas
de notamment Frollo et John Jasper. Ambrosio finit par abandonner sa première amante au bout d’une semaine pour une autre victime, Antonia, symbole même de l’innocence et de la pureté (comme le
seront plus tard Esmeralda, la Présidente de Tourvel, Marguerite, Rosa, Christine ou Raiponce.) Et comme tout roman gothique, inutile de vous dire qu’Ambrosio va assez loin dans le meurtre, la
luxure et finalement la damnation, sans aucune possibilité de retour car c’est bien l’un des seuls personnages de ce genre à n’avoir aucune humanité.
Il manque toutefois une troisième part essentielle chez ce type de personnages pour les décrire, voire une quatrième. Ces deux caractéristiques sont celles du génie, et de la violence de leur
imagination, et/ou sentiments. Choses que/qui possède(nt) également Ambrosio, marqué par une grande intelligence et vertu (au début du moins), et une imagination, des sentiments assez sauvages,
dans le sens qu’il est très peu, voire pas du tout humain. Ou trop, justement.
En fait, chronologiquement parlant, j’aurais dû commencer par le personnage de Faust, qui est me semble-t-il
antérieur au Moine. Mais Ambrosio permettait de poser les bases. Continuons par Faust, alors. (Rectification : Goethe a écrit cette pièce au XIXe siècle, mais le conte d’origine
date du XVIe. Urfaust, le premier brouillon, date de 1773-1775.) Le Faust de Goethe est la célèbre légende plus ou moins vraie du savant maudit qui passe un marché avec le
Diable pour étendre ses connaissances jusqu’à l’extrême.
« Le destin de Faust est, d’un certain point de vue, depuis longtemps décidé : la route qu’il a emprunté le conduit inévitablement à sa perte. Mais celle-ci ne frappera-t-elle que
son état extérieur ou va-t-elle s’étendre jusqu’à l’être intérieur ? Restera-t-il fidèle à lui-même ou va-t-il, même à l’instant de sa dernière chute, mériter encore notre pitié parce qu’il
est tombé en être humain, avec de grandes dispositions (Anlagen) ? Ou bien l’esprit abject auquel il s’est livré va-t-il le conduire à devenir, lui, un agent du mal et même un diable ?
Cette question demeure encore non résolue. » (Préface de l’édition de l'éditeur Bartillat, 2009)
Cette citation illustre aussi très bien l’essence des personnages frolliens. D’une certaine façon, leur voie est déjà toute tracée vers une fin forcément tragique, par leur caractère, leur génie,
leur (in)humanité. Une sorte de fatalité à laquelle ils ne peuvent échapper. Mais la question serait, meurent-ils avec au final une dernière trace d’humanité en eux qui nous fait éprouver de la
pitié (Humbert Humbert serait peut-être le meilleur exemple) ou au contraire, avec juste un pur mépris de la part du lecteur (Ambrosio, le héros du Collector). Faust, pour sa part, entre
probablement dans la première catégorie, car il n’est pas sans remords ; après avoir fait tuer la mère de Marguerite, après s’être mêlé de sorcellerie, après avoir également tué le frère de
Marguerite, ne revient-il pourtant pas chercher celle-ci dans l’espoir de la sauver ? Il ne pourra évidemment pas le faire car Marguerite est devenue folle et condamnée à mort pour
infanticide, et refuse d’ailleurs de le suivre. Mais il le tente tout de même, sans écouter le démon Méphistophélès, dans une tentative de salvation après avoir tant détruit la vie de la jeune
fille. Et n’est-il pas, après tout, sauvé à la fin ? Une des anges du Paradis, probablement Marguerite, dira « Il est sauvé. »
Faust et Ambrosio sont peut-être ainsi les ancêtres et premiers représentants de cette longue lignée de personnages « frolliens ».
De fait, on parvient peut-être à distinguer, dans ce type de personnage, encore deux catégories. Je tendrais à dire que la première concerne les personnages tels que Frollo, Ambrosio, Humbert
Humbert, etc. ; ceux, en sorte, animés en grande partie - si ce n’est principalement - par le désir sexuel et amoureux. La seconde concernerait plutôt les protagonistes comme Sherlock
Holmes, Javert, Grenouille, Peter Pan, etc. ; eux sont en revanche animés par d’autres motivations, plus diverses, tout en conservant les mêmes caractéristiques : le génie, un caractère
violent, un profond égoïsme, tout cela amenant à une fin extrême.
Faust – Goethe, Urfaust, Allemagne, 1808, ou 1773-1775 (30% de pitié selon la blogueuse^^)
Savant allemand assez âgé du Moyen-Age, il écluse tous les domaines du savoir et constate finalement à quel point tout cela n’est que néant. Désespéré, il invoque un démon, Méphistophélès, pour
retrouver sa jeunesse et une raison de vivre. Il rencontre notamment Marguerite, personnage-type de l’innocence vertueuse, qu’il séduira. Lorsque celle-ci tuera son enfant par folie, il essayera
de la sauver de la condamnation à mort mais échouera. Damné par son marché avec le démon, responsable de différents maux, il finira néanmoins pardonné et montera au Paradis. Apparaît avec
Marguerite le concept de l’éternel féminin, l’absolu et la salvation incarnés en la femme, et moteur de bien des personnages frolliens.
Nominé pour la catégorie « Ancêtre de tous les personnages frolliens. »
Le Vicomte de Valmont – Chaderlos de Laclos, France, Les Liaisons dangereuses, 1782 (50% de pitié)
Libertin remarquablement intelligent et fourbe du Siècle des Lumières, avec une superbe plume et un grand charisme, surtout avec John Malkovich. Deux de ses conquêtes, Cécile de Volanges et la
Présidente de Tourvel, toutes deux éternels féminins, lui succomberont. Mais il sera touché par le désespoir et le vrai amour que lui porte Tourvel, et sans doute en est-il lui-même amoureux sans
se l’avouer. Provoqué dans un duel à mort par le fiancé de Cécile, il se laissera tuer, Tourvel étant morte presque en même temps que lui. Ou quand l’amour est la rédemption d’un homme (selon les
interprétations, bien sûr.)
Nominé pour la catégorie « On me prend pour un psychopathe, je ne me défends pas d’être un libertin, on m’a juste entraîné sur une mauvaise pente, et je m’en porte très bien. Ce n’est
pas ma faute. »
Ambrosio – Le Moine de Matthew Gregory Lewis, Angleterre, 1792 (monstre irrécupérable)
Enfant abandonné aux portes d’un prieuré, Ambrosio n’a connu que le service religieux pour toute vie. Vers ses trente ans, il découvre que l’un des moines le suivant est une femme amoureuse de
lui et cède à ses instincts. Puis il tombe « amoureux » d’Antonia, autre éternel féminin, qu’il finit par violer et tuer après débauches, tours de sorcelleries, enfermements sinistres
et autres. Sauf que, pas de chance, Antonia était sa sœur. Condamné à mort, il donne son âme au Diable par peur du jugement de Dieu et se damne ainsi pour l’éternité – alors qu’il aurait été
pardonné sinon.
Nominé pour la catégorie « Tu as eu ce que tu méritais, et encore c’est pas assez ! »
Claude Frollo – Victor Hugo, France, Notre-Dame de Paris, 1831 (90% de pitié)
Archidiacre, père de famille, il vit en paix quoique dans la même quête du savoir que Faust jusqu’à son coup de foudre pour Esmeralda (cinquième éternel féminin). Partagé entre sa foi et son
amour, ses dilemmes ainsi que le rejet de la jeune fille le rendent fou et indirectement responsable de la mort de la bohémienne, entre autres. Il meurt par la main de tout ce qu’il a aimé :
mentalement avec la perte de la bohémienne, projeté du haut de Notre-Dame par son fils adoptif, dans une chute qui n’est pas sans évoquer celle finale d’Ambrosio, dont il est l’héritier direct
avec un peu plus d’humanité.
Nominé pour la catégorie « Meilleure confession d’amour et meilleure scène de dépression »
Heathcliff – Les Hauts de Hurlevent, Angleterre, Emily Brontë, 1847 (moi, je me souviens plus trop de toi donc ça va être vite plié – 20% de pitié)
Héros romantique par excellence des romans anglais du XIXe siècle…adopté par la famille Linton et pas très bien accepté, amoureux de Cathy, il s’absente pendant trois ans et revient transformé,
avec une cruauté et un désespoir qui n’ont d’égal que son amour pour Cathy. Et ils ne finissent pas ensemble, Cathy mourant et lui restant encore plus amer, si je me rappelle bien.
Nominé pour la catégorie « Regrettera d’avoir été aussi cruel jusqu’à sa mort où il rejoindra Cathy en fantôme »
Javert – Les Misérables, France, Victor Hugo, 1862 (Look down, look down !)
Le policier le plus incorruptible qui puisse exister. Jamais il ne fléchira, jamais il ne mettra de doute dans son jugement, ou alors cela le contraindrait à démissionner, s’il faisait une seule
erreur. Il ne reconnaît que l’autorité de la loi et de Dieu. Assez indéchiffrable et énigmatique, il choisit de donner une chance à la fin à Jean Valjean en le laissant partir, mais cela met en
doute tout son jugement depuis des années. Plutôt que d’affronter le fait qu’il ait tort – ou l’affrontant – il ne peut supporter ce doute et se suicide.
Nominé pour la catégorie « Voilà une énigme pour Sherlock Holmes : savoir ce qui se trame exactement dans la tête de ce personnage ! »
John Jasper – Charles Dickens, Angleterre, Le Mystère d’Edwin Drood, 1869 (alias « Seul mon auteur savait ce que j’allais devenir »)
Homme d’église s’occupant de la partie musique et chants, il éduque son neveu Edwin Drood, fiancé depuis toujours à Rosa (éternel féminin numéro 6). Ayant des vues sur celle-ci, à qui il enseigne
le piano, il profite de la mort de son neveu auquel il a juré vengeance pour déclarer son amour à la pauvre Rosa. Son attitude physique fait un peu penser à celle de Frollo, tout comme sa
déclaration, avec le même genre d’extrême. Malheureusement, c’est le dernier roman inachevé de Charles Dickens, et on ne saura jamais ce qui avait été prévu par la suite…
Nominé pour la catégorie « C’aurait été plus simple de savoir quoi penser de toi si Dickens t’avait laissé exprimer ton point de vue dans la narration »
Sherlock Holmes – Sir Arthur Conan Doyle, Ecosse, 1887 (Rien n’est petit pour un grand esprit, 90% de pitié)
Unique détective consultant au monde se basant sur la science de la déduction, son génie égale parfaitement son manque de savoir-vivre dans les relations avec les autres et son habileté à
manipuler les gens ou à s’en servir pour son travail. Misogyne, sociopathe, mélomane, moqueur, drogué et autres réjouissances, il ne semble définitivement pas savoir à quoi sert cette chose qui
bat dans sa poitrine. Tant pis, les enquêtes suffisent pour chasser son ennui, et la compagnie de John Watson aussi.
Nominé pour la catégorie « Personnage mythique du XIXe siècle, célébrité mondiale et s’amuse du fait qu’on pense qu’il a vraiment existé…et ignorant à propos du système solaire. »
Dorian Gray – Le portrait de Dorian Gray, Irlande, Oscar Wilde, 1890 (80% de pitié)
Alias réutilisation du mythe de Faust mais avec la jeunesse et beauté éternelle. Jeune homme innocent et trop beau du XIXe siècle, la vue d’un tableau de lui-même, accompagné des mots d’un de ses
amis sur la vanité et la déchéance de la beauté, le souhaiter que le tableau vieillisse à sa place. Et Dorian peut ainsi mener une vie de débauche pendant des décennies sans que cela se voie sur
son visage. Le tableau prend tout le mal pour lui. A la fin, submergé de remords, il effectue une bonne action et va voir si le tableau en porte la trace. Il meurt en voyant son portrait et le
charme s’inverse.
Nominé pour la catégorie « Un des meilleurs romans du XIXe siècle, et marquant pour un bon moment. »
Le Fantôme de l’Opéra, Erik – Le Fantôme de l’Opéra, France, Gaston Leroux, 1910 (80-90% de pitié)
Né défiguré, le Fantôme est recueilli par une responsable de l’Opéra de Paris. Pendant plus de vingt ans, il voyage, travaille, et finit par s’enfermer dans les souterrains de l’opéra, devenant
le maître des trappes ainsi qu’un véritable génie artistique et musical, avec une voix presque divine. Haïssant toute personne et le monde en général, il entend Christine Daaé (éternel féminin,
again) chanter et en tombe amoureux. Ils apprennent à se connaître, mais le cœur de Christine ira toujours vers la pitié en ce qui le concerne et non l’amour, à cause de sa difformité. Pris de
rage, le Fantôme enchaîne une série d’actes destructeurs, puis décide de la laisser partir. Il meurt peu après, seul. Erik est souvent considéré comme le mélange parfait entre Quasimodo et
Frollo.
Nominé dans la catégorie « 25 ans que je suis à Londres, mesdames et messieurs, et c’est pas fini ! »
Peter Pan – Peter Pan ou le Garçon
qui ne voulait pas grandir, James Matthew Barrie, Ecosse, 1924 (And thus will go on, as long as children are gay, innocent and heartless – 90% de pitié)
Un peu l’anomalie dans les personnages frolliens, mais qui a pourtant une place justifiée, peut-être ? Eternel enfant vivant au Pays Imaginaire peuplé de pirates, sirènes, Indiens et enfants
perdus, son monde est loin d’être enfantin, à la fois habité de violence, de magie et de cruauté. Il ne vit que dans le présent et finit par oublier peu à peu ceux qu’il a connus et vus
disparaître.
Nominé pour la catégorie « I do believe in fairies, I do, I do ! »
Humbert Humbert – Lolita, Vladimir Nabokov, Russie/Amérique/France, 1955 (70% de pitié)
Pervers pédophile ayant été amoureux durant son adolescence d’une nymphette qui a terminé tragiquement, Humbert Humbert cherche à transposer cet amour perdu sur les autres nymphettes qu’il
rencontre, fillettes entre 8 et 14 ans, plus ou moins. Et il finit par trouver Lolita, qui lui apparaît comme une réincarnation de son premier amour. Un jeu de séduction commence entre les deux,
coupable aussi bien chez l’un que chez l’autre, et quand la mère de Lolita meurt, Humbert Humbert l’emmène avec lui pendant deux ans, rythmés par une relation assez ambiguë. Lolita finira par
s’échapper, se marier et avoir un enfant, tandis que Humbert Humbert mourra peu avant son procès pour avoir tué un ancien amant de Lolita.
Nominé dans la catégorie « Remerciez Nabokov de m’avoir donné un tel style et un tel caractère que vous avez fatalement pitié de moi. »
Frédéric - The Collector, John Fowles, Angleterre, 1963 (2e monstre presque irrécupérable)
Employé de banque, il gagne un jour une fortune à la loterie. Il décide alors d’acheter une maison, de s’y installer et surtout de mettre en place une cave-prison pour Miranda, une étudiante en
art dont il est amoureux. Lorsque celle-ci se retrouve à sa merci, il déclare juste vouloir devenir son ami, puis son mari, mais ne portera jamais la main sur elle sexuellement parlant. Une
étrange relation de bourreau-prisonnier s’établit entre les deux ; il la voudrait comme les papillons qu’il collectionne : vivante mais épinglée, à jamais telle qu’il la voit, pour lui
seul. Après diverses péripéties, elle perd son estime et il met trop longtemps à vouloir la soigner lorsqu’elle tombe malade. Elle finit par mourir, et il se remet en chasse d’une autre jeune
femme.
Nominé dans la catégorie « Crétin de première classe, respectueux mais crétin quand même »
Jean-Baptiste Grenouille – Le Parfum, histoire d’un meurtrier, Patrick Süskind, Allemagne, 1965 (70% de pitié)
Grenouille semblerait presque autiste et complètement marginal ; mais son talent unique réside en son nez. Capable d’identifier toutes les odeurs, il se met en tête l’obsession de créer le
parfum final, celui de l’essence de la beauté et de l’amour. Pour atteindre son but, il tue vingt femmes afin de capturer leurs odeurs et de les mélanger. Mais si le parfum le sauve de sa
condamnation à mort et lui permettrait de dominer le monde, il se rend compte que cela ne lui apportera jamais ce qu’il ignorait réellement désirer : être aimé pour lui-même et non pour une
odeur. Il verse alors tout son parfum sur son corps, et finit dévoré par les gens envoûtés par cette senteur.
Nominé dans la catégorie « Mort la plus horrible, et personne portant le plus la poisse aux personnages qu’il rencontre »
Light Yagami, L – Death Note, Japon, Oba & Obata, 2004 (50% de pitié pour l’un, 99% pour l’autre)
Génies surdoués en tous les domaines. Light Yagami est un étudiant décidant d’épurer le monde du mal qui le pourrit avec un Death Note, le carnet des dieux de la mort. Celui dont le nom est
écrit dans ce cahier meurt. L, détective privé, se met alors en chasse de Light, connu comme Kira en tant que criminel. Personnages facilement interchangeables, Light perd peu à peu son
humanité devant la mission divine qu’il s’est confié, ne reculant devant rien ni personne pour devenir le dieu purificateur du monde. L est bien sûr plus humain, mais possède le même égoïsme que
Light, voire le même manque de réelle sociabilité. L finit tué par Light, mais celui-ci mourra également après avoir vu son identité découverte et avoir été sur le point d’être arrêté par la
police.
Nominés dans les catégories « Premier de la classe à tendance psychopathe » et « Payé au quotidien pour manger du sucre et avoir un QI de 300 »
Mère Gothel – Tangled/Raiponce, Amérique, Disney/Grimm, 2010 (alias maman surprotective)
Personne assez proche de celui du Frollo de Disney, Gothel est menée par l’égoïsme et le désir de jeunesse et beauté éternelles. Elle emprisonne Raiponce pendant dix-huit ans, puisque les cheveux
de la jeune fille lui permettent cette immortalité, en se faisant passer pour sa mère et est donc hyper protectrice et possessive envers elle, l’empêchant de voir le monde extérieur. Si elle
n’apparaît pas au début foncièrement méchante, nul doute que c’est son égoïsme qui domine et qui la tuera.
Nominée dans la catégorie « Mother knows best » et « Message inhabituel des Disney »
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